Articles · 4 novembre 2026
Vitamine D et immunité · ce que révèle le taux sanguin
Infections respiratoires, Covid 19, concentration optimale : comment la vitamine D soutient l'immunité cellulaire, et pourquoi la médecine orthomoléculaire vise au-delà du simple seuil de carence.
Par David Giovenco
La vitamine D se comporte davantage comme une hormone que comme une simple vitamine. Synthétisée dans la peau sous l’effet des rayons UVB, puis activée par le foie et les reins, elle agit sur un récepteur présent dans la plupart des cellules du système immunitaire. Elle module ainsi la réponse innée, première ligne de défense face aux virus et aux bactéries, et tempère l’inflammation excessive. La latitude, la saison, l’âge, la pigmentation de la peau et le mode de vie citadin expliquent la fréquence de taux insuffisants dans de nombreux pays.
Infections respiratoires : la preuve par les essais
Une méta-analyse de 25 essais randomisés en double aveugle, portant sur les données individuelles de 10 933 participants âgés de 0 à 95 ans, a montré que la supplémentation en vitamine D réduisait le risque d’infection respiratoire aiguë (rapport des cotes 0,88 ; IC à 95 % : 0,81 à 0,96). Les personnes les plus carencées et celles qui recevaient des apports quotidiens ou hebdomadaires, plutôt que des doses massives espacées, en tiraient le plus grand bénéfice. L’étude a été financée par des organismes publics britanniques et américains.
Covid 19 : un gradient selon le taux sanguin
Une analyse portant sur 191 779 patients américains, dont le taux de vitamine D avait été mesuré dans l’année précédant leur test, a mis en évidence une relation nette entre ce taux et la positivité au SARS CoV 2. Le taux de positivité atteignait 12,5 % chez les personnes carencées (moins de 50 nmol/L), 8,1 % chez celles situées entre 75 et 85 nmol/L, et 5,9 % au-delà de 137 nmol/L. Chaque nanogramme par millilitre supplémentaire réduisait la probabilité d’un test positif, après ajustement sur l’âge, le sexe, la latitude et l’origine. Cette étude d’observation montre une association ; elle concorde avec le rôle immunitaire connu de la vitamine D.
Viser une concentration optimale
La médecine orthomoléculaire distingue le seuil de carence de la concentration optimale. Les données sur le diabète vont dans le même sens : chez les personnes prédiabétiques, maintenir un taux d’au moins 125 nmol/L s’accompagnait d’une réduction de 76 % du risque de diabète, comparé à un taux compris entre 50 et 74 nmol/L. Un dosage sanguin de la 25(OH)D permet d’ajuster les apports à chaque personne, en veillant à un apport suffisant en magnésium, indispensable à son activation.
La Masterclass 4 de l’Académie, consacrée aux analyses de laboratoire, détaille l’interprétation de ces dosages dans une perspective cellulaire et orthomoléculaire.
Sources
Martineau AR, Jolliffe DA, Hooper RL, et al. Vitamin D supplementation to prevent acute respiratory tract infections: systematic review and meta-analysis of individual participant data. BMJ. 2017;356:i6583. PubMed
Kaufman HW, Niles JK, Kroll MH, Bi C, Holick MF. SARS CoV 2 positivity rates associated with circulating 25 hydroxyvitamin D levels. PLoS One. 2020;15:e0239252. PubMed
Pittas AG, Kawahara T, Jorde R, et al. Vitamin D and risk for type 2 diabetes in people with prediabetes: a systematic review and meta-analysis of individual participant data from 3 randomized clinical trials. Ann Intern Med. 2023;176:355-363. PubMed
Texte informatif à visée éducative. Il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.
